La science pour bâtir des ponts entre foresterie et acériculture
Un article de Radio-Canada
Un érable a-t-il plus de valeur vivant ou mort? Cette question se trouve au cœur du débat entre les acériculteurs – qui veulent l’arbre vivant pour transformer sa sève – et les forestiers – qui préfèrent le couper pour valoriser son bois.
Un érable a-t-il plus de valeur vivant ou mort? Cette question se trouve au cœur du débat entre les acériculteurs – qui veulent l’arbre vivant pour transformer sa sève – et les forestiers – qui préfèrent le couper pour valoriser son bois. Le chercheur Guillaume Moreau est d’avis qu’il est possible de contenter les deux en faisant une bonne planification des coupes : du jardinage acérico-forestier. C’est notamment ce qu’il veut démontrer avec la nouvelle chaire de recherche sur l'acériculture et l'aménagement des érablières.
"Il y a un potentiel pour une synergie. On peut probablement faire de l'acériculture et de la foresterie dans les mêmes peuplements", croit le titulaire de cette chaire qui vient d’être créée à l’Université Laval. Il utilise le terme "probablement" parce que ce n’est pas encore prouvé scientifiquement.
Peu de données existent en acériculture, puisqu’il s’agit d’une jeune industrie. Avec des investissements de plus d’un million de dollars, la création de la chaire devrait permettre de faire avancer la science, mais aussi de bâtir des ponts entre l’acériculture et la foresterie.
Dans les dernières années, les relations entre les deux industries étaient souvent tendues. Des acériculteurs ont notamment bloqué des routes en Chaudière-Appalaches pour empêcher des coupes forestières. Ils ont aussi dénoncé des coupes d’érables matures en Estrie.
Si couper des érables à sucre peut diminuer la productivité d’une érablière dans l’immédiat, à plus long terme, certaines coupes peuvent accélérer la croissance d’autres érables et leur permettre d’atteindre une taille permettant leur entaillage. Ce qui pourrait potentiellement améliorer la production, acéricole croit Guillaume Moreau. C’est notamment ce qu’il cherche à documenter.