Un gène clé de l’agressivité du pathogène de l’orme identifié
Une équipe de l’Université Laval, dirigée par le professeur Louis Bernier (Département des sciences du bois et de la forêt; Centre d’étude de la forêt; IBIS), en collaboration avec Ilga Porth, Josée-Anne Majeau, Karine V. Plourde, Volker Jacobi, Josée Dufour, Pauline Hessenauer et leurs partenaires, publie une avancée majeure dans Journal of Fungi.
Les travaux portent sur Ophiostoma novo-ulmi, le champignon responsable de la pandémie actuelle de maladie hollandaise de l’orme. Cette maladie vasculaire, qui décime les populations d’ormes en Amérique du Nord et en Europe, est reconnue pour son agressivité exceptionnelle. Toutefois, les mécanismes moléculaires qui expliquent cette virulence demeuraient encore mal compris.
Les chercheurs ont identifié un gène, ONUg0282 (amtA), codant pour un transporteur d’ammonium, comme un déterminant important de l’agressivité du pathogène. Grâce à des approches combinant génétique moléculaire, analyses phylogénétiques, mutagénèse par CRISPR-Cas9 et inoculations contrôlées sur de jeunes ormes américains, l’équipe a démontré que l’inactivation de ce gène réduit significativement la capacité du champignon à provoquer la maladie.
Fait marquant : les mutants dépourvus d’un transporteur fonctionnel demeurent viables et conservent plusieurs caractéristiques biologiques normales, mais causent des symptômes foliaires beaucoup moins sévères chez l’orme. Ces résultats confirment que l’acquisition et la régulation de l’azote jouent un rôle central dans la colonisation du xylème, un environnement pauvre en nutriments.
Il s’agit de la première démonstration qu’un gène codant un transporteur d’ammonium contribue directement à l’agressivité d’un pathogène d’arbre forestier. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles stratégies pour mieux comprendre et éventuellement limiter l’impact de cette maladie emblématique des écosystèmes urbains et forestiers.